cineaste

Les uns, les autres

Long métrage de Mohammed Ben Salah.

Mon rôle : prises de vue.

Mohammed Ben Salah.

Aucun document disponible pour ce film tourné en 1972 et primé au festival de Knokke-le-Zout.

Le retour

La scripte : Marielle Paternostre.

L'assistant réalisateur : Mohammed Ben Salah.

Moyen métrage.

Mon rôle : scénario et réalisation.

 

Léane Scouflaire, le doyen des comédiens belges à l'époque.

Alors, 90 ans et plein de bonne humeur...

Le regretté Christian Maillet.

Eve du Théâtre en 1988.

Décès en 1994, à l'âge de 52 ans.

Christian Maillet. Le retour.

Préparatifs d'une scène. Le retour.

Cameraman : Alessandro Usaï.

 

 

Les pas perdus

Moyen métrage.

Mon rôle : scénario et réalisation.

 

 

A la camera, Alessandro Usaï,

scripte, Marielle Paternostre,

Marie-Eve Stévenne.

Marie-Eve Stevenne. Les pas perdus.

Marie-Eve Stevenne dans une scène de Les pas perdus.

Marie-Eve Stevenne. Les pas perdus.

Anne Raskin. Les pas perdus.

Pierre Mainguet dans la scène finale du film Les pas perdus (Tournée à Corenne). Il jouait le rôle d'un écrivain. Aujourd'hui, il l'est devenu dans la vie réelle... avec deux romans, "Peter manneke" et "Tant de choses à vous dire" parus aux éditions Luce Wilquin.

 

Les pas perdus. Scène de réception (Onhaye).

"Ici, on peut tout casser ! avait prévenu Jean-Pierre Collin, l'ami qui me prêtait sa maison. Tout, à l'exception toutefois de cette poterie qui possède pour moi une grande valeur sentimentale!"

Le lendemain, on mettait les grands sentiments à la poubelle...: victime d'un traîtreux coup de perche micro, la poterie en prenait le chemin !

Jean-Pierre est décédé le 14 août 1990 à l'âge de 47 ans. Il était l'auteur et l'interprète au piano de la petite ritournelle entendue lors de la réception.

 

Critique:

 

Jacques Lambert se montre inspiré dans "Les pas perdus", où il parvient à conférer une certaine densité à la succession d'instants et de durées par lesquelles il évoque la progressive dégradation morale et sociale d'un jeune couple. La femme, obsédée par le désir de la maternité, est en proie à une langueur qui la détruira. Le mari, écrivain qui ne parvient pas à se faire éditer, cherche vainement à la guérir. Seules intrusions dans cette existence qui se défait, les venues du médecin indifférent et du propriétaire au cœur sec. Seule diversion illusoire: une petite réception provinciale et cancanière. L'évolution de la situation est surtout saisie en ses moments anodins ou qui paraissent tels du fait que Lambert se tient à l'essentiel, en refusant tout jeu expressif des comédiens. Sur un ton neutre, il montre un enchaînement des faits.

Il y a dans ce film quelques belles trouvailles – pendant la réception, la petite mélodie réentendue sur un piano désaccordé; les intérieurs de plus en plus minables où vivent les époux -, et les plans de la fin sont même d'une grande beauté dans leur simplicité désolée. On découvre dans cet essai que Lambert est capable de créer un climat avec des moyens très restreints. Ce qui nous fait espérer que le réalisateur aura l'occasion de tourner d'autres films.

 

Clefs pour le spectacle.

N° 40.Février 1974.

 

Un aller simple

 

Court métrage de Christian Garreau.

(Décédé le 12 juin 2008 à l'âge de 58 ans.)

Mon rôle: assistant réalisateur.

Claude Koener et José Jolet.

Un aller simple.

Un aller simple.

Christian Garreau, Sandro UsaÏ, Jacques Lambert, Claude Koener, José Jolet.

A la caméra :

Alessandro Usaï.

Un aller simple.

Un aller simple.

Un aller simple.

 

Christian Garreau.

 

Diplômé de l'I.A.D. (Institut des Arts de Diffusion) en 1974, Christian Garreau était devenu Directeur de Production à FR3 Marseille. Il était l'auteur de quelques courts métrages dont Le coup de Dieu et Un aller simple. On lui doit surtout de nombreuses captations (par hélicoptères) du Tour de France et, plus particulièrement sur FR3, pas mal d'émissions estivales en direct depuis les stations balnéaires françaises, quelques-unes des émissions "Questions pour un champion"... Entre autres.

Christian est décédé le 12 juin 2008 à l'âge de 58 ans. Il venait juste d'assurer les captations de Roland Garros 2008...

Notre dernière rencontre s'était déroulée au Studio de FR3 Marseille où, ce soir-là, avait lieu un "décrochage" en direct pour une émission de Marc Olivier Fogiel. N'ayant personne sous la main pour assurer ce rôle, il m'avait réquisitionné pour jouer la "doublure" du chanteur Akénaton et régler ainsi les problèmes d'éclairage et de son...

Puis on s'était raté de peu lors d'enregistrements de "Questions pour un champion", à Paris... Ce soir-là, il pleuvait des cordes sur la région parisienne, cela bouchonnait partout et j'étais bien trop épuisé pour me rendre encore à ce rendez-vous...

 

Je reviens du Yémen

et t'en rapporte des nouvelles vraies

Long métrage de Alain Saint-Hilaire.

Mon rôle: cameraman.

Alain Saint-Hilaire

 

Avant que ne naisse l'idée de réaliser un film sur le Yémen, (Je reviens du Yémen et t'en rapporte des nouvelles vraies), Alain Saint-Hilaire avait déjà commis un long métrage documentaire: "Fabuleux royaumes d'Arabie", consacré aux Emirats du Golfe. C'est d'ailleurs à l'occasion des projections de ce film en Belgique que nous nous étions rencontrés.

Pour voir sa filmographie, le mieux est encore de se rendre sur son site officiel: http://www.ashprod.com/ash/filmfr.php .

Ses centres d'intérêt se portent surtout sur les régions extrêmes de la planète : déserts chauds et déserts froids, en d'autres mots Sahara, Moyen-Orient et Arctique canadien. Il développe une vision du monde essentiellement géographique et ethnologique.

Alain Saint-Hilaire a présenté la plupart de ses films au Québec, en France, en Suisse, en Belgique, au Luxembourg, à Madagascar, en Afrique et aux Etats-Unis.

Alain Saint-Hilaire nous a quittés le 3 février 2013. Hommage lui est rendu sur ce site.

 

 

GAG!

 

Un explorateur perdu

Après la conférence "Exploration du Monde" (à l'Emulation, à Liège) d'Alain Saint-Hilaire, Lili Martine l'a interviewé. Comme la conférence était terminée, tout le monde est parti de la salle, et on a coupé les lumières et fermé les portes. Dans le noir, Lili Martine, l'explorateur et son cameraman, Jacques Lambert, se sont perdus. En craquant des allumettes, ils ont parcouru tout le bâtiment, cherchant une porte ou un interrupteur. L'explorateur a découvert la réserve de bière: "Nous ne mourrons pas de soif…". Le cameraman a découvert (toujours en s'éclairant avec des allumettes) un téléphone caché. Quand on les a délivrés, ils erraient depuis plusieurs heures.

 

La Meuse – La Lanterne. Edition des samedi / dimanche 11 et 12 mars 1972.

 

 

Muhammed Galib Abou Lohoum

 

Muhammed Galib Abou Lohoum occupait un poste de direction au Ministère de l'Information. Il était également directeur de la télévision Yéménite... alors en construction. A une époque où planait sur le pays l'espionite aiguë, il fut l'un des premiers à croire en notre projet de film documentaire de long métrage sur le Yémen, et à se battre pour lui. La production lui doit donc beaucoup. Il est ici photographié à Coo, en compagnie de son épouse, lors d'une de ses nombreuses visites en Belgique. Muhammed est décédé, l'été 2006.

 

Plus de neuf mois de séjour en Arabie du Sud nous ont permis à Alain Saint-Hilaire et à moi-même de parcourir la majeure partie des territoires du Yémen du Nord (République Arabe du Yémen) et du Yémen du Sud (République Populaire et Démocratique du Yémen). pays aujourd'hui unifiés.

Nous avons vécu dans ces maisons yéménites, merveilles d'architecture sud-arabe, avec les Yéménites, chez eux et comme eux, car toute découverte commence par se faire à l'intérieur de soi-même. Elle se mérite et il n'est pas possible de l'acquérir à coups d'avions, même si ceux-ci vont sur tous les aéroports du monde...

C'est dur de vivre au Yémen... parfois même très dur. Où est le fatalisme de l'Islam lorsque le monde entier vous ignore et que vous n'avez que vos mains nues pour gratter une terre que la pluie refuse obstinément d'amollir?

Nous ne nous sommes pas penchés sur les traditions, les usages ou l'art populaire du Yémen, mais sur la vie du peuple, depuis les agriculteurs de la Tihama, plaine surchauffée qui borde la Mer Rouge, jusqu'aux bédouins qui vivent aux limites du désert, en passant par les habitants des djebels et des hauts plateaux. Accueil, fêtes, existence quotidienne, circoncisions d'adolescents, mariages, enterrements sont autant de battements de coeur d'un peuple qui eut pour mère Bilquis, reine de Saba.

Deux ans de travail dont neuf mois de tournage. Une dizaine d'heures de prises de vue en couleurs, autant d'heures de son. Quelques milliers de documents photographiques couleurs et noir et blanc. Onze mille kilomètres de routes, de pistes semi-désertiques ou désertiques et de sentiers de montagne dans un pays de pénétration difficile (si l'on excepte toutefois le triangle Sana'a, Taez, Hodeida). Telles sont les principales caractéristiques d'un tournage hors du commun.

 

Cultures en terrasses.Yémen. (Photo de tournage. Alain Demarche)

Yémen. (Photo de tournage. Alain Demarche)

 

Géographie

Nous sommes en 1973.

De manière purement géographique, le film nous entraîne de long en large dans toutes les régions du Yémen-Nord (capitale: Sana'a), y compris les territoires interdits (certains à l'époque du tournage, d'autres aujourd'hui) que ce soit pour raison militaire, politique ou diplomatique: tensions entre les deux Yémen, réticences de tribus à reconnaître le gouvernement de Sana'a, divers conflits tribaux.

Mais également de bas en haut! Le film nous fait découvrir les rivages étouffants de la Mer Rouge, les cités bibliques de la Reine de Saba (Sirwah, Mareb) perdues aux portes du plus grand désert de sable du monde: le Rub 'Al Khali, les impressionnants djébels yéménites qui, coiffés de forteresses et villages, s'offrent le luxe de culminer à 3.800 mètres...

 

Aoued nous a souvent servi de guide. Notamment dans les régions de Shahare et de Saada (extrême nord du Yémen Nord). Photo: Alain Saint-Hilaire.

Pont de Shaharé.

(Photo de tournage. Alain Demarche)

 

Jacques Lambert, Jean-Pierre Taroux, Alain Saint-Hilaire. Photo: Alain Demarche.

Photo Alain Saint-Hilaire

Circoncision chez les bédouins.

Photo: Alain Saint-Hilaire.

Région de Saada.

Photo: Alain Demarche.

Politique

 

Face à la République Populaire et Démocratique du Yémen Sud (capitale: Aden) qui a choisi l'expérience du régime marxiste, la République Artabe du Yémen se veut et se dit pro-occidentale. Outre l'aide de l'Arabie Saoudite, de l'Egypte et du Koweit, elle accepte le soutien de nombreux pays occidentaux (Etats-Unis, Allemagne, France notamment), n'en apprécie pas moins tout particulièrement l'aide chinoise et, surtout, ne dédaigne pas pour autant le travail des conseillers militaires soviétiques...

Politiquement parlant, il y a lieu, en outre, de distinguer le Yémen Nord "d'avant la révolution" du Yémen Nord "d'après la révolution". Les années 1962 à 1968 constituent en effet une véritable date-charnière dans l'histoire yéménite moderne. Révolution, guerre civile, guérillas font rage et finissent par faire aboutir... un compromis d'union nationale entre monarchistes et républicains. Mais sans doute serait-il plus exact de parler de conservateurs et de progressistes.

Car toujours est-il qu'elle est bien finie l'ère féodale du Yémen régie par le pouvoir absolutiste des imams et qu'il est bien révolu le temps des frontières hermétiquement closes.

Armé d'une double hiérarchie tribale et républicaine, le Yémen bicéphale va se heurter à des problèmes aux solutions laborieuses et complexes: comment en effet combler un effroyable retard quand on ne possède rien et que le sous-sol se révèle ingrat? Comment, sans perdre son indépendance, accepter l'aide de pays surtout enclins à vous vendre de l'idéologie et à vous embrigader dans des systhèmes qui servent avant tout leurs propres intérêts?...

Ah, il est bien difficile de partir de zéro!

 

Temple de Marib (Epoque reine de Saba).

Photo: Alain Saint-Hilaire.

Alain Demarche (à gauche), notre renfort venu des Vosges

lors de son arrivée au Yémen... dans le coffre d'une voiture.

Outre ses photos de plateau, on lui doit un reportage photographique d'exception.

 

Photo: Alain Demarche.

Photo: Alain Demarche.

Photo: Alain Demarche.

Photo: Alain Demarche.

Photo: Alain Demarche.

Economie

 

La république Arabe du Yémen (nous sommes en 1973, est-il nécessaire de le rappeler,) fut longtemps le grenier à blé de toute la péninsule arabique. Sans doute le pays est-il en majeure partie constitué de hautes montagnes? Qu'à cela ne tienne, les Yéménites, profitant de leurs deux saisons de pluie (avril-mai et période de juin à septembre), construiront de générations en générations, sur le flan des djébels, de saisissantes terrasses pour y pratiquer la culture du sorgho (doura), du millet et du maïs.

Cependant la découverte et l'exploitation de nappes phréatiques, le développement intensif de nouvelles techniques agraires (que ne permettent pas les montagnes), et surtout de l'exploitation de l'or noir qui, dans les pays voisins,, va permettre la coûteuse mise en application d'une agriculture moderne, tout cela va radicalement bouleverser toutes les données du problème au grand détriment du pays. Alors, le Yémen, grenier à blé de l'Arabie? Cela paraît de moins en moins évident...

Les Yéménites étaient les grands exportateurs d'un café renommé: le mokha (du nom du petit port d'où il était exporté). Aujourd'hui, nombreux sont les paysans qui préfèrent remplacer le caféier par l'arbre à quât, drogue douce dont les Yéménites sont si friands et grands consommateurs; motif: on peut récolter quatre fois plus de quât que de café! Après le coton, c'est cependant le café qui arrive en tête des exportations du pays. Et, l'industrie pouvant être considérée comme négligeable, l'agriculture est censée, avec l'élevage, faire vivre le pays...

 

Cultures en terrasses du Djébel Bura.

Photo: Alain Demarche.

Fabrication du fromage de chèvre. Photo: Alain Demarche.

Village du djébel Bura. Photo: Alain Demarche.

Fillettes du djébel Bura.

Photo: Alain Demarche.

Jeunes femmes du djébel Bura.

Photo: Alain Demarche.

Jeune femme du djébel Bura.

Photo: Alain Demarche.

Femmes et enfants du djébel Bura.

Photo: Alain Demarche.

Fillettes du djébel Bura.

Photo: Alain Demarche.

Djébel Bura. Photo: Alain Demarche.

Plaine de la Tihama (mer Rouge). Photo: Alain Demarche.

Fête de circoncision en plaine de la Tihama.

Photo: Alain Demarche.

Photo: Alain Demarche.

Photo: Alain Demarche.

Photo: Alain Demarche.

Photo:

Alain Demarche.

Alain Demarche et Jacques Lambert.

Photo: Alain Saint-Hilaire.

Muthana Abdul Qawi (à droite), chef de police à Aden.

Il assurera notre sécurité lors de l'expédition en Hadramaout.

Photo: Alain Saint-Hilaire.

 

Après le sentier, l'abîme

 

(...) En revanche, une heure et demie de reportage bicéphale sur le Yémen, ça ne se refuse pas. Images rares, passionnantes, de contrées mystérieuses calfeutrées jusqu'il y a peu (pour le Nord) dans un isolement volontaire par la faute d'un monarque absolu. Deux pays à mi-chemin entre Afrique et Asie, admirablement situés par les commentaires. (…) Une analyse éclairante, comme on dit, de deux types de sociétés dont les dénominateurs communs sont la pauvreté et le background culturel et religieux.

Et des pointes visuelles saisissantes: un enterrement, une circoncision, toute l'architecture en vrac.

Et des comportements de société uniques: l'utilisation massive et quotidienne du "Kat", une drogue qui équivaut à notre steak-frites.

Les ressorts politiques actionnant les deux régimes, ceux de la République démocratique, d'obédience marxiste, ceux de la République arabe, ne furent pas davantage escamotés avec à l'horizon, des présages orageux…

Cette émission méritait diantrement le détour.

 

André DROSSART. Le Soir. 1er septembre 1977.

 

 

Dépaysement complet

 

Le Yémen, un pays fabuleux qui s'ouvre au monde moderne.

Alain Saint-Hilaire et Jacques Lambert ont partagé, durant neuf longs mois, la vie fascinante des Yéménites du Nord. Ils ont pu pénétrer profondément le Yémen, là où le pays ne peut se découvrir qu'au prix de longs et lents déplacements motorisés, ou à pied.

Outre les images d'un vécu quotidien bien surprenant, les réalisateurs du film ont ramené des documents inédits concernant les jours de fête et cérémonies, tant au niveau du pays tout entier (fête nationale) qu'aux échelons familial et tribal: circoncisions d'adolescents, mariages, enterrements, fêtes de récolte.

Sans oublier la fabuleuse et si riche architecture yéménite, villages de huttes de la Tihama, constructions en pisé du nord et de l'est, les tentes en poil de chèvre de l'extrême nord, les exceptionnelles façades de brique de Sana'a, la capitale.

Aux portes du plus grand désert de sable du monde, le Rub Al Khali, les successives capitales de la reine de Saba ont de quoi, elles aussi, faire rêver et s'extasier le voyageur du vingtième siècle devant les fascinantes civilisations évoquées par la Bible.

Un dépaysement complet…

 

La dépêche du Midi. 14 novembre 1985.

 

 

Yémen de rêve et de réalité

 

Le film d'Alain Saint-Hilaire se présente comme une excellente initiation à l'ethnographie et à l'architecture de ce pays, somme toutes, singulièrement attirant en dépit de sa géographie rébarbative. On y côtoie constamment les paysans et paysannes de ces villages, nichés dans le pli d'une vallée ou juchés sur une arête de montagne; on les suit dans leurs occupations journalières (travail de la terre, activités artisanales: tissages, broderies, céramique…). On se mêle à eux dans le tourbillon des fêtes ou les cortèges colorés de leurs cérémonies…

Après l'austérité et le dépouillement, du moins extérieur, de l'habitat rural, voici que l'on découvre les splendeurs insoupçonnées des villes yéménites: Sanaa, la capitale, par exemple les façades des hautes maisons dont le bel ocre est festonné de blanc, et qui s'éclairent d'ouvertures aux fins croisillons, avec impostes en stuc enchâssant des vitraux d'albâtre, constituent un véritable enchantement pour le regard.

On remonte le temps: alors surgit le légendaire royaume de Saba et la séduisante figure de sa souveraine, Bilkis, dont la bible nous dit qu'elle rendit visite à Salomon. Rien d'étonnant qu'Isaïe le prophète évoque le cortège processionnant à travers le désert – celui peut-être du redoutable Rub Al Khali – de ces mystérieux personnages dont la pieuse tradition populaire a fait les "Mages" de nos Epiphanies.

Le grand mérite du "pèlerinage aux sources" d'Alain Saint-Hilaire et de Jacques Lambert, c'est de nous faire entrevoir, non pas un certain Yémen outrancièrement modernisé, mais, dans la lumière des regards, quelquefois troublé par le sortilège du qat (l'herbe à mâcher), dans la noblesse des gestes éveillant la beauté, celui de la richesse du cœur.

 

A.V. Les dépêches. 13 décembre 1985.

 

Ecrit trente ans plus tard sur base d'archives et d'une montagne de notes, Yémen entre chiens et loups est édité en 2003 et réédité en 2007.

De nombreux extraits vous en sont proposés aux pages Yémen entre chiens et loups de ce site ou sur Recherche livres google.

Pour vous procurer le livre (428 pages, 60 photos d'époque) au départ de ce site, voir Contact.

 

Et pour vous procurer le complément indispensable au livre d'aventures vécues Yémen entre chiens et loups :

Yémen, 30 ans plus tard de Alain Saint-Hilaire.

99 photos couleurs, voir : alain@ashprod.com .

 

Printemps crétois

 

Long métrage.

Mon rôle : co-production, réalisation et prise de vue.

 

Photogramme de Printemps crétois.

Photogramme de Printemps crétois.

Photogramme de Printemps crétois.

Photo de tournage de Printemps crétois.

Une rubrique entière est consacrée à ce film. Voir Printemps crétois.

 

 

Sahara, plein sud

 

Long métrage de Alain Saint-Hilaire.

Mon role : cameraman.

 

Sahara plein sud. Photo de tournage. Alain Saint-Hilaire.

Sahara plein sud. Photo de tournage. Alain Saint-Hilaire.

Jack et Jacques Lambert, les yeux bouffis, cheveux en bataille, au petit déjeuner. Photo: Alain Saint-Hilaire.

Jacques Lambert, cinéaste, et... Jack Lambert, commandant de bord chez UTA. ("Mes respects, mon Commandant!")

Eh oui, nous étions deux homonymes dans cette expédition ! Ce qui n'allait pas sans poser quelques problèmes. Au passage des frontières notamment...

Problèmes de suspicions d'abord.

Problèmes de discrimination ensuite lorsque, matin, midi et soir, l'autre Jack Lambert recevait, et lui seul, la visite des plus hauts gradés de la police et de l'armée, venus le saluer d'un retentissant: "Ah, mes respects, mon Commandant"!...

Alors nous, les petits, les misérables, les vrais rampants, les exclus, on se consolait comme on pouvait. En songeant par exemple, qu'en cas de gros souci, c'étaient toujours les hauts gradés qu'on fusillait les premiers...

Jack Lambert avait très souvent traversé le Sahara... mais toujours aux commandes de son avion ! Son rêve de le traverser en simple rampant se voyait exaucé...

Photo: Alain Saint-Hilaire.

Jack Lambert nous a quittés au début de l'année 2010.

Ah, mes respects, mon Commandant!...

 

 

 

Terres grecques

Long métrage.

Mon rôle : production, réalisation, prise de vue.

 

Sommet du Mont Olympe. 2887 mètres.

Evidemment que ce n'est pas l'Annapurna...

Mais quand même !

Toute une rubrique du site est consacrée à ce film. Voir: Terres grecques.

 

 

Venise, Florence et Rome

Long métrage de Guy Thomas.

Mon rôle : prises de vue.

 

 

 

Guy Thomas

 

Guy Thomas est, selon moi, l'un des cinéastes documentaristes les plus intéressants et les plus rigoureux qui soient.

 

Avec "Journal d'un cinéaste en Inde", il a su inventer et développer, non seulement un style original bien à lui, ce qui est exceptionnel dans les filières de cinés-conférences, mais également un discours cohérent et passablement critique, voire subversif. Images pleines de pudeur et, paradoxalement, d'une violence morale inouïe !

 

Bref, "Journal d'un cinéaste en Inde" révèle une grande pointure de cinéaste, adepte impénitent de la camera acerbe...

Retenons également de Guy Thomas : "O Californie", développant le thème des minorités en Californie. Et "Le tour du monde en 180 jours", avec ses phrases répétitives et lancinantes "Malheur aux peuples qui..." que n'auraient certainement désavouées ni un Resnais, ni une Duras... Mais une gageure aussi que de faire tenir un sujet aussi vaste en moins de deux heures…

 

Ces deux films offraient, quoi qu'il en soit, deux visions du monde résolument personnelles, et très intéressantes qui plus est. Hélas, boudées souvent du grand public…

 

Ma collaboration avec lui ne fut guère heureuse, je l'avoue... Parlons-en de ce "Venise, Florence et Rome", film pour lequel il m'avait demandé de signer la photographie.

Il voulait une Venise filmée à la manière de "Printemps crétois", mais une Venise entièrement sous la neige, avec des images amples, elles-mêmes soutenues par une phrase musicale de Vivaldi, répétitive… Hélas, pas de neige à Venise, cette année-là! Pas le moindre flocon ! Rien qu'une météo désespérément couverte, sombre, froide, lugubre, me laissant quinze jours dans un profond désarroi, équipé que j'étais d'une pellicule totalement inadéquate pour des prises de vue en quasi-nocturne...

Son idée de commencer le film par des images ratées (il y en a toujours!) et, dans la bande son, par des instruments de musique en train de s'accorder, me semblait géniale. Tout comme l'était, toujours selon moi, la structure du film qui devait entremêler à l'infini les thèmes de Venise, Rome, Naples et Florence, à la manière d'une symphonie classique. Je trouvais plus qu'intéressante cette manière de construire le film. Hélas, le grand public n'a pas admis sa démarche et a boudé l'architecture très travaillée de ce film qu'il a prise pour un méli-mélo de choses mal ficelées…

 

Aucune photo disponible pour ce film.

 

 

La route des Pharaons

Long métrage de Christian Monty.

Mon rôle : prises de vue de Djibouti, du Kenya, du Maroc.

 

 

Aucune photo disponible pour ce film.

Christian Monty est décédé en 1998.

 

 

 

 

 

Egypte

Spectacle audio-visuel de Gérard Civet, incluant des passages filmés.

Mon rôle : prises de vue.

 

Photo de tournage: Gérard Civet.

Photo de tournage: Gérard Civet.

Aucun document disponible pour ce film.

 

 

Portugal, pays des découvertes

Long métrage de Yves Duval.

Mon rôle : prises de vue.

 

Préparatifs au sol de prises de vue aériennes

sur l'aéroport de Lisbonne.

 

Yves Duval, le réalisateur, le pilote et notre passagère (sponsor) en frémissent encore !...

Et moi donc !...

 

Alors que nous réalisions des prises de vue à la verticale de Lisbonne, le harnais de ma caméra s'est emberlificoté dans les bretelles et la ceinture censées devoir m'arrimer jusqu'à l'extérieur de l'hélico. La ceinture s'est désenclenchée et tout le système complexe qui assurait ma sécurité, tout en m'autorisant une certaine mobilité, s'est détaché...

Double chance pour moi : d'une part, je ne me suis rendu compte de rien et, de la sorte, n'ai développé aucune panique; d'autre part, et cela sans nécessité théorique mais seulement par pur instinct, je tenais de la main gauche l'encadrement de la porte de l'appareil...

Le pilote en contact permanent avec la tour de contrôle de l'aéroprt - car nous travaillions précisément dans l'axe de la piste d'atterrissage des avions - ne s'était rendu compte de rien, totalement déconnecté qu'il était de ses passagers. Yves et la dame invitée en tant que sponsor étaient bien en contact par microphones et casques interposés mais ne pouvaient me prévenir, l'abondance des cables et des ceintures dont j'étais bardé m'ayant fait renoncer à ces accessoires jugés trop encombrants.

 

Les prises de vue qui ont suivi l'incident, furent par contre infiniment plus stressantes...

 

Lisbonne. Photo : Jacques Lambert

Lisbonne. Château Saint-George. Photo : Jacques Lambert

Lisbonne. Photo : Jacques Lambert

Lisbonne. Photo : Jacques Lambert

Lisbonne. Photo : Jacques Lambert

Lisbonne. L'ascenseur Eiffel. Photo : Jacques Lambert

Lisbonne. La tour de Bélem. Photo : Jacques Lambert

Le monumental "Padrâo dos Descobrimentos", le "Monument des Découvertes", érigé à la gloire des navigateurs lusitaniens et de leur initiateur, le prince Henri. Photo: Jacques Lambert

 

Lisbonne. Le monastère des Hiéronymites

(ou monastère des Jeronimos). Photo: Jacques Lambert.

 

Lisbonne. Le monastère des Hiéronymites

(ou monastère des Jeronimos). Photo: Jacques Lambert

Photo: Jacques Lambert

Photo: Yves Duval.

Porto. Photo : Jacques Lambert

Porto. Photo : Jacques Lambert

Porto. Photo : Jacques Lambert

Porto. Photo : Jacques Lambert

Yves Duval

 

Yves Duval, scénariste de bandes dessinées, journaliste, cinéaste, nous a quittés, un peu comme il a vécu, dans la grande discrétion, le vendredi 22 mai 2009...

Il nous laisse une oeuvre abondante, souvent méconnue.

Lui qui avait si bien connu Hergé et les grands de la BD avec qui il avait collaboré comme scénariste, venait de nous livrer, tout récemment, quelques-uns de ses souvenirs les plus chers dans un album intitulé "55 ans dans les bulles" et paru aux éditions du Hibou...

Une rubrique particulière, "Hommage à Yves Duval" , lui est entièrement consacrée sur le site.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Autriche, un parfum d'éternité

Long métrage de Jean-Pierre Collin.

Mon rôle : prises de vue.

Producteur: Michel Brouchon.

Aucun document disponible.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hongrie

Long métrage de Christian Debruyne.

Mon rôle : prises de vue à Budapest et à Mohacs.

 

Budapest.

Mohacs.

Sans avoir pu voir son film terminé, Christian Debruyne nous a quittés dans le milieu des années 90.

Alors qu'il portait secours à des enfants emportés par une vague géante en Bretagne, les vagues l’ont précipité sur des rochers.

Tous les enfants ont été arrachés, indemnes, à la mer.

Epilogue provisoire

 

Nul besoin n'est pourtant de parcourir le monde pour s'y intéresser. Une fenêtre, un balcon, un trou de serrure, peuvent très bien faire l'affaire...

 

Maîtres mots : observer, patienter, imaginer...

Photo: J. Lambert

Photo: J. Lambert

fumeux, fumiste quelquefois...

Photo: J. Lambert

Photo: J. Lambert

visuel et sonore, d'autres fois...

odoriférant, odorant quelquefois et... parfois franchement ridicule. (Photo "Les pas perdus")

Hélas, souvent violent...

Mais ça, c'est ce que je vais tenter de vous décrire dans mon oeuvre (dite) littéraire...

Sur ce, n'ai-je point mérité cette fois de "faire - enfin ! - tire-bouchon" ?...

 

Photo prise dans l'atelier "Polychrome" de Monique Cordier.